La beauté par le prisme de la création

Edito 1

© L'hadi

 

À l'heure où le monde ressemble à un studio de téléréalité, on ne cesse de clamer avec hypocrisie que la beauté émane de l’âme des choses, que l’apparence est secondaire, que la beauté intérieure est plus importante que tout !

Et pourtant, tout ce que nous sommes en train de vivre, démontre que notre époque mute vers une domination totale de la forme sur le fond.

La beauté n’est pas synonyme d'esthétique, car même le laid a une esthétique propre à lui, du moins c’est ce que nous confie Mouna Benamani dans son interview pour ce numéro.

Mahmoud Agrain quant à lui a une vision complètement différente. En effet, il nous explique que l’esthétique est un concept social, créé de toutes pièces, tandis que la beauté est complètement subjective. Cette divergence d’avis n’a pas empêché le couple de nous offrir, en Novembre dernier, une très belle exposition d'une sensibilité extrême. (Chronique d’une déchirure aux Ateliers Sauvages) 

La beauté est à tous et peut être perçue par tout le monde ! C’est la réalisatrice Yasmine Chouikhe qui, pour notre plus grand plaisir, nous a accordé une interview à l’image de son film “Jusqu’à la fin des temps” : pleine de vie et de positivité.

L’erreur commise à l’encontre de la beauté a été de la définir, la limiter, la caser dans un moule rigide et la pousser à bout, ce qui lui a fait perdre tout son sens. Ryad Girod nous le prouve dans son dernier roman, Les yeux de Mansour paru aux éditions Barzakh, où l’amour côtoie la haine, le passé vit dans le présent et la beauté est expérimentée sur un plan complètement mystique. Bonté et beauté ne font qu’un et engendrent systématiquement l’harmonie, si chère à l’auteur et pierre angulaire de notre existence.

Enfin, nous vous ferons découvrir dans ce premier numéro un musicien qui a la passion dans la peau. Ibrahim Yesli  nous prouve qu’il n’y a pas d’âge pour se convertir à la beauté, lui-même s’est mis à la musique une fois adulte et cela ne l’empêche en rien d’évoluer à force de volonté et d’implication.

Notre magazine s’intitule Prosélyte car notre conversion à l’essence de la beauté est plus qu’urgente. Nous sommes partis à la rencontre d’artistes de différents horizons, pour justement comprendre ce penchant qu’a l’humain pour la beauté et sa nécessité vitale à notre épanouissement.

Beauté esthétique, spirituelle, naturelle ou préfabriquée, nous n’apprécions que la beauté que nous méritons de voir.

Reslane Lounici.

 

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