A l'heure de l'histoire

affiche

© El Bousaadi

 

Le printemps est là !

La nature renaît après six mois de berne et un vent nouveau souffle sur l’Algérie. Une fraîche révolte souffle, une brise chargée d’espoir, de vie, de civisme et de beaucoup d’humanité.

Personne n’y croyait, il y a quelques semaines on disait encore qu’il n’y avait plus d’espoir, les barques de harragas nourrissaient les berges de la Méditerranée et les projets de départs définitifs fleurissaient dans la majorité des esprits.

Et puis vint le 22 février 2019, jour miracle, l’Algérie s’est réveillée d’une profonde léthargie. L’Algérie a ouvert ses yeux et s’est vue entourée de ses enfants qui n’ont à aucun moment cessé de lui vouer une adoration viscérale. L’Algérie a vu sa progéniture, bourrée de jeunesse, de poésie, d’humour et de culot, se révolter, crier, clamer haut et fort un ras-le-bol général face à une situation qui n’a que trop duré.

Au même moment, nous, enfants de l’Algérie, nous nous sommes enfin regardés dans les yeux, nous nous sommes réappropriés notre mère-patrie et nos villes. Nous avons regardé nos rues, ces mêmes rues que nous avons foulées tant de fois ont soudain pris vie sous nos pieds. Le simple fait de marcher a un tout nouveau sens désormais. Nous avons (re) pris possession de notre identité, hétéroclite, multiple, différente mais plus que jamais unique. En réinvestissant l’espace nous avons enfin renoué avec nos corps, avec la vie.

Pour ce deuxième numéro de Prosélyte, nous ne pouvions passer à côté de l'effervescence de ces dernières semaines. Nul n’a le recul nécessaire pour analyser clairement la situation actuelle, par contre nous avons tous un rôle à jouer, nous sommes tous engagés d’une manière ou d’une autre, et pour cela nous sommes partis à la rencontre d’artistes, citoyens algériens afin de les questionner sur leur engagement et leur rôle dans le changement. Le plus important est de savoir pour quelle cause nous nous battons et pour quels résultats. Il ne faut pas oublier que : « La dictature s’épanouit sur le terreau de l’ignorance » -George Orwell-

NB : Cet édito est illustré par les photos d’un jeune artiste photographe, El Bousaadi, qui est, comme chacun de nous, témoin de cet éveil historique qu’est en train de vivre l’Algérie.

Reslane Lounici

 

 

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