Une seconde intercalaire avec Valentina Ghanem Pavlovskaya

La seconde intercalaire

© Valentina Ghanem Pavlovskaya

L’aura ensoleillée de Valentina Ghanem Pavlovskaya, n’a cessé de rayonner en Algérie depuis son arrivée au début des années 80’. Cette grande artiste venue de Russie, s’est démarquée par sa chaleur humaine et son amour du partage et de la convivialité.

Exposée à la galerie « Bloom, the art factory » du 17 octobre au 12 Nobembre,  Valentina nous revient avec une nouvelle série : « La seconde intercalaire ». Cette exposition, qui a pris une dizaine d’année à l’artiste, est composée de près de 30 œuvres aux techniques mixtes mêlant : fusain, héné, sanguine et acrylic, et dans laquelle Valentina se met à nu et explore le rapport du corps à la temporalité du moment, et redessine de manière subjective les frontières du réel pour questionner ces moments volés au temps au cours d’une vie.  

Les éléments phares de l’univers de l’artiste y sont présents avec la plus grande des subtilités, un œil aguéri n’aura aucun mal à les apercevoir tantôt dans la brume tantôt dans la lumière, car on n’est jamais mieux cachés que dans la lumière.

Durant le travail de curation de cette exposition intitulée « La seconde intercalaire », nous avons effectué une série d’entretiens avec Valentina afin de comprendre sa démarche artistique et pénétrer son univers éclectique. Nous avons découvert l’infinité de ses sources d’inspiration. De la musique à la littérature, en passant par les étoiles et le désert algérien, l’artiste se nourrit de tout ce qui l’entoure, absorbe chaque couleur, chaque énergie et vit un constant processus de gestation nourri par les émotions ressenties et qui rend son œuvre remarquable

Nous vous livrons ici un portrait de Valentina qui vous permettra d’entrevoir, à travers une brèche, une partie d’elle qu’on soupçonne sans vraiment connaître.

Le désert

Ayant été au cœur d’une dizaine de ses expositions, Valentina considère ce vaste lieu de sagesse et de profondeur comme l’épicentre de sa renaissance. Après « Symphonie du désert » l’artiste est entrée dans un univers marqué par un imaginaire saharien.

Les rêves

«  La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, et vous aurez vécu si vous avez aimé. ». Cette phrase d’Alfred de Musset définit parfaitement Valentina qui n’a régi sa vie qu’en écoutant son cœur et ce dans tout ce qu’elle a entrepris. « La seconde intercalaire » est née d’un rêve et de l’amour qu’elle éprouvait. Un amour qui lui a permis de créer ces œuvres qui poussent à s’aimer et à se défaire de tout ce qui nous pèse afin de s’accomplir.

Les étoiles

Constellée de mille lumières, la vie de Valentina suit son cours suspendue aux étoiles et suivant leurs mouvements. Ces confidentes d’autres cieux ont longtemps été les complices privilégiées des nuits de doutes et des jours heureux. Valentina en parle avec une sérénité troublante, et conseille à  ceux qui souhaiteraient connaître ce sentiment dans un murmure bienveillant : « Parlez aux étoiles, elles veillent sur nous ! »

Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Le don de soi

Le fait de donner ne se limite pas uniquement aux dons matériels. Pour Valentina, le don de soi est un acte altruiste, car ce n’est qu’en étant en phase avec notre être profond qu’on peut aspirer à apporter quelque chose pour l’autre.

La musique

La musique est l’une des grandes passions de Valentina. « Quelques notes de blues » « Partition lumineuse », « Symphonie du désert »… sont autant de noms de collections qui illustrent explicitement cette passion qui rythme sa vie. Si on se donne la peine d’observer ses œuvres de près, nous arrivons à ressentir le tempo qui la fait vibrer, car oui Valentina a sa musique intérieure qui résonne indéfiniment dans ses tableaux. Faites le test et vous verrez ! 

Le corps

Pour Valentina le corps n’est pas un instrument qui permet à un esprit d’exister dans ce monde qu’on appelle « réel ». Le corps est une entité métaphysique faite exclusivement d’émotions, d’énergies et de sensations. Chaque rencontre est une expérience sensorielle et cela donne la clé à une lecture différente des œuvres de l’artiste, car une fois débarrassé du raisonnement commun, l’observateur d’un tableau de Valentina, l’appréhende par le prisme de sens inédits.

Nous pourrions nous étaler indéfiniment sur ce qui fait vibrer cette grande artiste, mais nous préférons laisser le soin à l’observateur d’interpréter les œuvres de la « Seconde intercalaire » qui, nous l’espérons, vous touchera autant qu’elle nous a ému.

L’exposition est visible à l’espace « Bloom, the art factory » (Résidence Poirson) du 17 octobre au 12 novembre entre 13h et 19h.

Reslane Lounici

 

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